Emploi – Développement économique : Durobor en procédure de réorganisation judiciaire

 
Le 10 juillet 2011  
     

Durobor est la dernière gobeleterie en activité en Wallonie. Cette entreprise sonégienne emploie 370 travailleurs, hors sous-traitants dont un nombre important sont originaires de La Louvière. Elle connaît depuis plusieurs années des difficultés financières qui l'ont amené à plusieurs reprises au bord de la faillite. Il est vrai que le marché de la gobeleterie est structurellement en surcapacité pour l'Europe. Il est confronté à une très forte concurrence.

De 2005 à 2008, Durobor a pu se repositionner, grâce à un travail de stylisme et d'innovation lui permettant d'obtenir un avantage. Elle a lancé et développé la mode des verrines ainsi que des verres anti-hooliganisme.

 

 

Malheureusement, la crise est passée par là et a eu un impact important sur le chiffre d'affaires et les marges de l'entreprise. Ceci a entraîné une perte d'exploitation, des soucis de trésorerie et a empêché les investissements sur les fours. L'entreprise se débat à nouveau avec le spectre du dépôt de bilan. Voilà pourquoi, Durobor a décidé, le 24 juin dernier, de s'inscrire dans une procédure de réorganisation judiciaire. Les conséquences de cette procédure est le gel des dettes échues afin de permettre des contacts avec des investisseurs potentiels. Le tribunal devra statuer sur la requête ce 12 juillet.

Il y a quelque jours, Olga Zrihen interrogeait le Gouvernement wallon sur la question. La situation est complexe et nous savons que, depuis le début, la Région wallonne et la SOGEPA sont attentives au développement et à la pérennisation de l'outil. Toutefois, la situation sur le marché, un incendie, ou encore le coulage d'un four amènent des situations tendues dans l'entreprise et des investissements conséquents s'avèrent nécessaires. Il y a encore quelques semaines, il y avait une volonté d'investir quatre millions d'euros.

Actuellement, il y a une période d'attente qui met l'entreprise en extrême difficulté puisque chacun — banques et clients — regarde l'évolution de la situation. Il s'agit d'un produit remarquable qui pourrait être un outil performant sur le marché. Il est indispensable de procéder à un investissement pour un nouveau four beaucoup moins énergivore.

Pour notre députée wallonne, il est fondamental que le Gouvernement wallon donne un signal fort pour rassurer les banques, les clients et les travailleurs. Pour la région de Soignies, ce serait un véritable tsunami social si aucune réponse positive n'était donnée. Or, il y a suffisamment d'indicateurs positifs : les résultats de mai, juin et même celui de juillet seront probablement positifs. Il serait dommageable qu'on n'essaie pas d'aller plus loin dans ce travail. « Nous sommes, en effet, dans la quadrature du cercle : la question est de savoir qui va donner le signal de la confiance. Il serait peut-être nécessaire de rassurer un certain nombre d'investisseurs qui pourraient être repreneurs, en leur confirmant que la confiance n'est pas perdue et que des perspectives de développement existent qui ne tiennent pas compte des difficultés de l'entreprise mais bien plus de la qualité et de la compétence des travailleurs.