L'enseignement et le cadre de vie, priorités du budget communal 2012

 
Le 19 décembre 2011  
     

La situation financière des pouvoirs publics s’est terriblement dégradée ces douze derniers mois. Est-ce dû à une incompétence des responsables politiques ? Non, certainement pas même s’il est singulièrement commode de tirer sur eux et de diriger la vindicte populaire dans leur direction. 

Il y a déjà quelques années que les pouvoirs locaux toutes majorités confondues s’appliquent à nouer les deux bouts avec des ficelles. La rigueur à laquelle nous contraint la crise de l’Euro risque de casser la corde passablement déjà effilochée.Le budget communal 2012 s’inscrit donc dans un contexte de crises multiples qui influencent la gestion quotidienne de nos communes et qui pèsent lourdement sur les choix des décideurs politiques.

 

 

La sixième réforme de l’Etat, la nécessité pour celui-ci de retrouver 11,3 milliards d’Euros aura des conséquences sur le fonctionnement des communes et handicapera lourdement l’élaboration  des budgets de la Commune, du CPAS et de la Police.

En 2012, la crise économique et ses conséquences dramatiques pour nos concitoyens les plus fragilisés vont peser encore plus lourdement sur les actions du CPAS de La Louvière. Ajoutons à cela les futures décisions du Gouvernement fédéral relatives aux allocations de chômage qui risquent de grever les finances de notre CPAS.

A plusieurs reprises ces derniers mois, Jacques Gobert a dénoncé, en tant que président de l’Union des Villes et Communes de Wallonie, le peu de cas que faisait l’Etat fédéral de ses engagements envers les pouvoirs locaux. Il est clair que nous ne pourrons à l’avenir que compter sur nous-mêmes et nous devrons sans doute faire les choses autrement et faire évoluer les mentalités si non, nous nous précipiterons dans le trou budgétaire que nous tentons, depuis le début de la législature, de combler avec un certain succès.

   

Ainsi, lors du conseil communal d’octobre nous avons pu prendre la décision de rembourser à la Région plus de 6 millions d’Euros ce qui ne constitue pas une première sous cette législature communale.

La majorité présente un budget équilibré dans lequel toutes les missions dévolues aux communes sont assurées. Cependant, plusieurs dossiers du ressort du pouvoir fédéral ont des impacts importants sur les finances locales et retiennent toute notre attention : la situation financière des zones de police est alarmante. En 2010 et 2011, les villes et communes se sont vues forcées d’accroître leurs dotations. Parallèlement, les recommandations de la circulaire budgétaire avaient tendance ces dernières années à faire pression à la baisse sur l’accroissement des dotations, en contradiction avec le mécanisme fédéral de financement.

Notons également la menace qui planne de devoir payer rétroactivement à titre d’arriérés l’augmentation de la prime de fin d’année aux policiers locaux suite à la décision du tribunal civil de Bruxelles.

Quant à la prochaine réforme de la sécurité civile, elle patauge faute de prise de décision par le Gouvernement fédéral et nous sommes bien loin d’un rééquilibrage des charges à 50% - 50% entre le fédéral et les communes contre la règle des 10% - 90% qui prévaut actuellement. A ce sujet, et n’en déplaise aux oiseaux de mauvais augure qui se sont exprimés dans la presse ces derniers mois, il faut rappeler l’effort considérable que le collège a effectué par l’engagement massif – le plus important depuis la professionnalisation du service incendie en 1969 – qui révèle une fois encore la volonté de la Ville de La Louvière d'investir dans le domaine de la sécurité et ce, sans attendre l'application de la réforme de la sécurité.  

   

Il nous faut également revenir sur cette nouvelle épée de Damoclès que constitue la réforme des pensions adoptée par le Gouvernement fédéral en affaires courantes, il y a peu.

Le 20 juillet 2011, confronté à un déficit croissant du régime des pensions du personnel statutaire des pouvoirs locaux, le Conseil des Ministres a adopté un avant-projet de loi portant réforme de son financement. Le 3 novembre 2011, la Loi était publiée au Moniteur belge. Elle entraînera un accroissement substantiel des dépenses des Communes évalué à plusieurs centaines de millions d’Euros par an à l’horizon 2016. Ces charges nouvelles liées aux pensions atteignent un niveau tel que le volume actuel de l’emploi risque d'être menacé dans certaines communes, avec un impact négatif sur les services rendus à la population. Nous ferons tout pour qu’il n’en soit pas ainsi à La Louvière.

Au niveau fiscal, nous continuons à perdre une partie des additionnels à l’IPP qui restent dans les caisses de l’Etat constituant pour celui-ci un avantage de trésorerie et un désavantage pour les communes sans compter la rétribution de 1% que les pouvoirs locaux sont obligés de verser au budget fédéral en contrepartie de la gestion administrative qu’il réalise !

Enfin, last but not least, la déconfiture du groupe DEXIA et par ricochet celle du Holding communal qui nous assurait des revenus précieux pour notre budget. Nous avons ainsi eu un manque à gagner d’environ 330.000 euros en 2011 par le fait qu’aucun dividende ne nous ait été versé… et ne nous sera plus jamais versé puisque le processus de dissolution du Holding est en cours. Je voudrais cependant vous faire remarquer que s’il est de bon ton actuellement de pointer la recapitalisation effectuée en 2009, sachez qu’au cours de la décennie écoulée, plus de 17,2 millions d’Euros de dividendes sont venus gonfler nos recettes.

Soulignons la gestion rigoureuse dans l’application de notre plan de gestion par la Ville, le CPAS et la zone de Police permet d’atteindre l’équilibre budgétaire.

Venons-en maintenant à la confection de ce budget 2012. Nous avons reçu d’excellentes nouvelles de l’IPP et du Fonds des Communes qui nous ont permis de constituer des provisions.

Au niveau de l’ordinaire, les équilibres des différents postes s’inscrivent dans ceux des années précédentes. Ainsi, l’actualisation du plan de gestion intégrée au budget ordinaire nous permet d’assurer le fonctionnement quotidien du service au public.

Le poste « dépenses de personnel » est maîtrisé et reste stable, même s’il connaît une infime hausse de l’ordre de 0,3% essentiellement due à l’indexation prévue en mars, grâce, d’une part, au travail important réalisé par les services et en particulier celui des salaires visant à calculer au plus près le coût de chaque agent et, d’autre part, des mesures proposées dans le cadre du plan de gestion.

Il est évidemment que le système des chèques repas est garanti jusqu’au terme de la mandature communale ainsi que le plan de nomination du personnel tant communal que du CPAS.

L’écoute en permanence des besoins des agents communaux, la valorisation de leur rôle au sein de la Ville, leur bien-être au travail font partie de nos priorités.  Ainsi, nous continuons les formations de notre personnel et des moyens importants sont débloqués en matière d’investissements en matériel informatique pour nos collaborateurs.

Le budget 2012 ne manque pas d’ambition puisqu’il s’inscrit dans la continuité des budgets précédents. On y retrouve la mise en œuvre de politiques planifiées dès le début de la mandature communale et qui figurent, pour les distraits, dans notre note de politique générale couvrant la période 2007-2012. Nous avons fixé dix axes pour rendre à la population de la cinquième ville de Wallonie fierté et bien-être. Ainsi, nous avons inscrit au budget ordinaire près de 200.000 euros pour la réparation ponctuelle des voiries. Une somme qui peut a priori sembler dérisoire devant l’ampleur de la tâche en ce qui concerne l’entretien de notre réseau routier mais qui dans les faits complète le plan triennal et le droit de tirage et qui vient également en sus des travaux habituellement réalisés par notre service infrastructure.

Le budget extraordinaire 2012 a été porté à un total de 27.000.000 euros, soit la moitié de l’exercice 2011. L’an dernier, Jacques Gobert avait annoncé que le budget extraordinaire prendrait en compte des réalisations qui s’étaleraient sur les deux exercices 2011 et 2012. On ne pourra donc pas nous taxer cette année de lancer des projets pharaoniques ou tape à l’œil à la veille des élections puisqu’un certain nombre d’investissements proposés cette année figuraient déjà à l’extraordinaire de 2011. Ceux-ci concernent autant notre personnel que nos concitoyens et s’inscrivent pleinement dans le cadre de notre DPC à travers deux axes « forts » :

L’amélioration du cadre de vie, qui, cette année encore, se taille la part du lion puisque ce poste couvre à lui seul la moitié du budget extraordinaire. Cette année encore, un effort tout particulier sera consacré aux plantations et à l’embellissement des places - les places de Bracquegnies et des Trieux - et des parcs publics, des aires de jeux, des abords des voiries et de certains sites comme les étangs de Strépy ou le site de la Blanche Cavée à Haine-Saint-Paul, véritables poumons verts pour notre cité.

Tout au long de cette mandature, le PS a répété que la revitalisation de nos quartiers ne se limiterait pas à la rénovation de l’hyper centre mais couvrirait l’ensemble de notre entité. Cette année encore nous tenons nos engagements dans ce domaine.

Le deuxième axe de notre budget est relatif au développement de notre enseignement communal. Une éducation plus juste, c’est à la fois le moyen et le signe d’une société plus juste, et, partant, plus confiante en elle-même. Dans ce monde en crise, le travail manufacturé a été très largement délocalisé vers l’Extrême-Orient et il nous faut absolument investir dans de nouveaux secteurs de l’économie. Cela repose largement sur ce que l’Union Européenne appelle l’économie du savoir. En tant que pouvoir politique, nous devons être des locomotives dans ce secteur du savoir et de l’éducation.

En 2007, le collège avait effectué les visites d’écoles communales afin d’établir un cadastre des travaux de rénovation des bâtiments, condition préalable mais non suffisante, cependant, au développement d’un enseignement de qualité. Depuis, chaque année, le Collège a décidé d’y injecter des moyens conséquents. Ce sera encore le cas en 2012 : près de 6.800.000 euros seront consacrés à ce poste qui comprend notamment l’aménagement du site Brichant pour l’école Fidèle Mengal (4.270.000 euros) et la modernisation de nos infrastructures scolaires (2.530.000 euros).

Les autres axes de notre DPC ne sont pas mis pour autant entre parenthèses ainsi, plus de 3 millions d’euros sont encore consacré à l’amélioration et la valorisation du service au public.

Enfin, évoquons brièvement « La Louvière, Métropole culture 2012 ».

Certains s’agitent et créent des amalgames en cette période de crise financière et de ses conséquences dramatiques pour nos concitoyens les plus fragilisés. La culture est un important vecteur de développement économique et doit participer activement de la reconversion régionale. Le lien entre culture et développement économique est de plus en plus évident (création d’emplois, d’activité économique et de recettes fiscales).

Ainsi, au plan européen :

  • L’économie culturelle et créative représentait en 2003 plus de 654 milliards d’euros – à comparer avec 271 milliards d’euros pour le secteur de l’automobile en 2001.
  • Sa valeur ajoutée au PIB communautaire était de 2,6% en 2003 – par comparaison : 2,1% pour les activités immobilières, 0,5% pour l’industrie textile et 2,3% pour l’industrie chimique.
  • La croissance globale de la valeur ajoutée du secteur en 1999-2003 était de 19,7% (reste de l’économie : 7,4%).

Globalement, le secteur culturel et créatif se développe plus rapidement que le reste de l’économie et crée davantage d’emplois.

Depuis le début de ce nouveau millénaire, nous avons voulu faire table rase du passé de désespérance que nous a légué la désindustrialisation et oser envisager l’avenir sous de meilleurs auspices et en empruntant des voies nouvelles, comme celle de l’économie culturelle et créative. Le fil rouge de notre action aura été tout au long de cette mandature : « Une Ville qui bouge est une Ville qui ose ».