L’action militante n’est bénéfique que si elle évolue dans un bon climat de compréhension et de camaraderie socialiste. La formation et l’élévation du niveau culturel sont aussi déterminants contre l’égoïsme, l’insécurité et le repli sur soi.
Arthur Delaby
Le 10 août dernier, celui qui fut président de la FGTB du Centre, échevin de Haine-Saint-Pierre puis de l’entité louviéroise, nous quittait.
Le PS voulait rendre hommage à cette grande figure syndicale, politique, humaine et morale à travers quelques extraits des discours prononcés lors de ses funérailles par son beau-fils Marc Sinnaeve et par Colette Burgeon.
[ Le combat politique ]
C’est à l’âge de 30 ans, le mardi 29 novembre 1960, qu’Arthur Delaby prête serment au conseil communal de Haine-Saint-Pierre. En 1971, il devient échevin.
Suite à la fusion des communes, Arthur devient, en janvier 1977, échevin du Développement économique et du Commerce de La Louvière et premier magistrat de l’ancienne commune de Haine-Saint-Pierre puisque l’ancien bourgmestre, Robert François, lui a laissé la main. Réélu en octobre 1982, il prend le portefeuille des Finances dès le 2 janvier 1983 dans le nouveau collège.
Fidèle à ses idéaux syndicaux, il annonce, au soir de sa réélection, que ce sera son dernier mandat. Auprès de Colette Burgeon qui s’en étonne, car elle sait qu’il ne sera pas atteint par la limite d’âge, il rétorque : « au syndicat, on s’est toujours battu pour qu’on arrête de travailler à 60 ans, je veux rester cohérent avec moi-même ». Il n’en demeurera pas moins un observateur attentif de la vie politique louviéroise jusqu’à la fin de sa vie et restera de précieux conseil auprès de Michel Debauque, Willy Taminiaux et Jacques Gobert qui apprécient l’acuité de ce sage.
[ Des convictions et un engagement pour la région du Centre ]
Arthur s’est battu sans relâche pour les habitants de Haine-Saint-Pierre et Haine-Saint-Paul, en collaboration avec Marc Jacmin. Un jour, en lisant la liste des permanences de Colette Burgeon dans l’arrondissement de Soignies, il lui dit : « Pour mî, tout s’arrête au Drapeau Blanc ! ». Pourtant, tous les Louviérois et les gens de sa chère région du Centre pouvaient compter sur lui.
La guerre avait forgé en lui les valeurs d’entraide, de solidarité, de résistance et de lutte, mais aussi des valeurs de compréhension, de tolérance et de sagesse à l’égard du cours souvent complexe des vies humaines.
Il dit un jour, en conclusion d’une de ses interventions publiques portant sur le combat de la reconversion de la région du Centre : « La vie économique, sociale et politique ressemble à la vie dans une famille ; il faut toujours se battre contre l’adversité tout en aspirant toujours au bonheur. Les 20.000 chômeurs du Centre ne me démentiront pas. » Dans cette phrase, il réunit les deux engagements et combats de sa vie : le combat syndical et politique pour les autres qui a été le sien dans la vie publique, et le bonheur qu’il a toujours voulu transmettre à sa famille… là même où ses enfants René et Huguette et sa petite-fille Marie ont vécu, ensemble et unis, avec lui et Lucia, dans la maison familiale…
Là-bas, à la rue des Converses, à Haine-Saint-Pierre, dans des moments d’émerveillement spontané, qui trahissaient un sentiment de devoir accompli dans la transmission, il regardait avec bonheur et fierté les arbres, parfois centenaires, de son jardin qu’il admirait tant : « Qu’est-ce qu’il faut de plus pour être heureux ? Pour qu’est-ce qu’i faut d’aller si lôn pour ièss bî ? On parle parfois en mal de notre région, mais on a tout ici pour faire envie. Mais on ne le sait pas. »
Il n’y a plus rien à ajouter. Continuons à construire le chemin qu’il a tracé pour les nouvelles générations en restant droits, honnêtes, respectueux de l’autre et fidèles à nos valeurs de liberté, égalité et fraternité comme il l’a toujours été.
Salut Camarade, Salut, l’Ami. Nous ne t’oublierons jamais.